L’Atelier-Musée vous invite à découvrir l’histoire de l’imprimerie, puis à en expérimenter les gestes.
Découvrir
& Comprendre
Le musée : une collection de machines et d’outils, et les techniques qui ont fait l’histoire de l’impression.
Les machines
un atelier toujours en marche.
Presses à bras, presses typographiques, presses lithographiques : la collection de l’atelier-musée retrace l’histoire de l’impression, et la plupart de ces machines fonctionnent encore.
La plus imposante est une grande presse lithographique à cylindre. La pierre dessinée repose sur son plateau, entre deux rangées de rouleaux encreurs. L’imprimeuse place chaque feuille à la main, et le grand cylindre vient la presser contre la pierre encrée. Elle imprime aujourd’hui comme au premier jour.
Une grande partie de ces machines, et vingt tonnes de pierres lithographiques, ont été offertes par Tom Borocco, l’un des derniers maîtres lithographes de France, à l’origine du lieu.
Découvrez-les en mouvement dans la vidéo.
La typographie
« Le savoir-faire et le faire savoir »
Benoit Kuster
La typographie est à l’origine l’art d’assembler des caractères mobiles afin de créer des mots et des phrases et de les imprimer.
Cette technique a été mise au point vers 1440 par Gutenberg, qui n’a pas inventé l’imprimerie à caractères mobiles mais un ensemble de techniques conjointes : les caractères mobiles en plomb et leur principe de fabrication, la presse typographique (inconnue des Orientaux), et l’encre grasse nécessaire à cet usage.
La typographie, par extension, est la technique d’impression qui utilise le principe du relief, comme les caractères mobiles en plomb et en bois, mais aussi les images en relief, d’abord gravures sur bois puis clichés en métal et en photopolymère.
La typographie a été pratiquement la seule forme d’impression jusqu’au 20e siècle,
où elle a été remplacée par l’offset, lui- même issu de la lithographie inventée au début du 19e siècle.
L’impression typographique existe encore pour des travaux artisanaux à tirage limité ainsi que pour la découpe, l’embossage (gaufrage) et l’estampage.
La gravure sur métal
dessiner en creux.
C’est dans la vallée du Rhin, vers 1440, que naît la gravure au burin.
L’un de ses grands maîtres, Martin Schongauer, est né à Colmar : la technique est donc bien locale.
Le graveur dessine son motif sur une plaque de cuivre puis le creuse au burin, ligne après ligne.
La plaque est ensuite encrée puis essuyée : l’encre demeure au fond des sillons. Sous la presse, le papier humide vient la saisir et l’image apparaît, inversée comme dans un miroir.
La lithographie
dessiner sur la pierre.
Inventée en 1796 à Munich par Alois Senefelder, la lithographie gagne la France grâce à un Alsacien, le Mulhousien Godefroy Engelmann qui devient l’un de ses grands pionniers.
Le principe de la lithographie tient en une loi simple : l’antagonisme entre l’eau et le gras.
L’artiste dessine sur une pierre calcaire avec un crayon ou une encre grasse.
La pierre est ensuite humidifiée puis encrée au rouleau : l’encre s’accroche au dessin et glisse sur les parties humides.
On pose une feuille de papier, on passe le tout sous la presse et l’image apparaît.
Au XIXème siècle, la lithographie habille les murs des villes d’affiches en couleurs. L’art descend dans la rue.
« La lithographie a permis que l’art descende dans la rue à travers l’affiche illustré et en couleurs. Ce phénomène, n’est pas seulement artistique et technique, mais aussi urbain, économique social et politique. »
Le monotype
une image, une seule.
Le monotype, technique d’impression dont la liberté n’a d’égale que sa simplicité, a été inventée au XVIIème siècle par Giovanni Benedetto Castiglione, peintre et graveur italien.
C’est son intérêt pour les effets picturaux qui l’a conduit à explorer les possibilités expressives de l’impression.
Plus tard, Degas l’adoptera avec passion.
Le monotype végétal en est une délicate variation.
Sur une plaque de verre, on étale de l’encre. On y dépose de vraies feuilles. Le papier est posé par-dessus, puis le tout passe sous la presse.
En se soulevant, il révèle les silhouettes des feuilles, leurs nervures, leurs contours. Chaque tirage est unique : impossible d’obtenir deux fois le même.
La reliure
donner corps au livre.
Depuis que le codex a remplacé le rouleau, il y a près de deux mille ans, des mains patientes rassemblent les pages pour qu’elles traversent le temps.
Au Moyen-Age, les moines relient les manuscrits à la main.
Aujourd’hui encore le geste reste le même. Le relieur plie les feuilles en cahiers puis les coud un à un, à l’aiguille et au fil de lin.
Les cahiers cousus forment le corps du livre. Il fabrique ensuite la couverture, en carton habillé de papier et de toile fine puis l’assemble au corps de l’ouvrage.
Dernière touche ; la dorure.
Un outil chauffé presse une feuille d’or sur la couverture et le titre apparaît, brillant.
La photographie
l’image qui apparaît.
Dernière née de l’atelier-musée, une chambre noire permet aujourd’hui de développer et de tirer des photos en noir et blanc.
Sous la lumière rouge, on glisse la feuille dans le bain de révélateur et l’image surgit lentement du papier blanc.
Un moment de magie que petits et grands peuvent vivre lors des cours proposés à tous les âges. Autour du laboratoire, une grande collection d’appareils photo raconte l’évolution de la technique, tandis que des clichés anciens, pris dans la région, font revivre Ribeauvillé et ses environs d’autrefois.
Tout ce matériel a été transmis par Gilles Vaxelaire et Benoît Kuster.